Kouman

Des jeunes et des médias engagés pour des élections apaisées

Ce projet vise à réduire les risques de violences durant les périodes électorale et post-électorale en Côte d’Ivoire à travers une vaste campagne d’info-sensibilisation sur la désinformation et les discours haine, en s’appuyant sur des contenus humoristiques et sur des podcats

Calendrier

Janvier 2025 - Juin 2026

Budget global

2 M€

Démocratie et engagement citoyen Humour Innovation Lutte contre la désinformation

17,6 millions de personnes touchées

Dans un contexte électoral marqué par la circulation rapide des rumeurs et des discours de haine, le projet Kouman déploie en Côte d’Ivoire une vaste campagne d’information et de sensibilisation. Réseaux sociaux, radios, formations et dialogues citoyens : la stratégie multi-formats a déjà touché 17,6 millions de personnes. Et généré des millions de contenus engagés contre la désinformation.

Dans la tension sourde des périodes électorales, là où les mots peuvent apaiser autant qu’ils peuvent embraser, le projet Kouman s’est imposé comme une voix singulière. Une voix plurielle, même, tant elle s’est nourrie de récits, de formats et de visages différents pour tenter de répondre à une question simple et vertigineuse : comment contenir la propagation de la désinformation et des discours de haine dans un espace public saturé d’images et d’opinions ?

Une stratégie multi-formats, une audience massive

En Côte d’Ivoire, près d’une personne sur deux a déjà croisé un contenu issu de Kouman. Un chiffre qui révèle l’ampleur – 17,6 millions de personnes touchées – mais ne dit pas tout du projet. Car derrière cette large audience, il y a une stratégie patiente, presque artisanale, au sens étymologique du terme, consistant à multiplier les points d’entrée. Vidéos, podcasts, dessins de presse animés : autant de formats pensés pour capter l’attention sans la brusquer, pour informer sans moraliser.

Les récits en circulation

Sur les réseaux sociaux, terrain privilégié de la viralité comme de la confusion, la campagne a trouvé son rythme. Elle s’est déployée avec la diffusion de vidéos, de podcasts et de dessins de presse animés traitant de la désinformation, du cyberharcèlement ou encore des violences sexistes. Résultats ? 61 millions de vues : 40 millions pour les vidéos de Brut Afrique, 17 millions pour les podcasts d’Istorias Medias et 4 millions pour les dessins animés de Tâche d’encre. Des chiffres là encore impressionnants, mais surtout révélateurs d’une appropriation par les publics. Les contenus circulent, se commentent, se réinventent. Dans cet écosystème vivant, trente influenceurs, dont une majorité de femmes, ont contribué à leur diffusion en y injectant leur propre langage, leurs codes, leur crédibilité. 

La radio, ou comment ramener l’information au plus près des territoires

Mais Kouman ne s’est pas arrêté aux écrans. Le projet s’est aussi glissé dans les interstices du quotidien, là où l’information se partage autrement. À la radio, une fiction a pris corps, accompagnée de 300 émissions en langues locales. Sur les ondes, la désinformation n’est plus une abstraction : elle devient une histoire, une discussion, un débat ancré dans les réalités communautaires. Ces contenus, mis à disposition des radios de proximité (180 radios membres de l’Union des radios de proximité de Côte d’Ivoire), ont été diffusés 11 250 fois en quelques mois, rien qu’au dernier trimestre 2025, irriguant l’ensemble du territoire.

Former les acteurs de l’information : un levier contre la désinformation

Ce travail de production s’est doublé d’un effort de transmission. Former pour mieux informer : accompagnement de 45 journalistes dans la production d’émissions électorales, sensibilisation aux mécaniques de la désinformation de 30 influenceurs (dont 19 femmes), et initiation à l’éducation aux médias et à l’information auprès de pas moins de 1188 jeunes leaders (dont 532 femmes). Là encore, les chiffres comptent, mais c’est leur traduction concrète qui importe : mieux armer les médias, rendre plus vigilant l’ensemble de la société, réinvestir des espaces de dialogue.

Créer des espaces de dialogue dans un climat sous tension

Ces espaces, justement, ont pris forme lors de 16 sessions de dialogue citoyen. En ligne ou en présentiel, elles ont réuni un total de 24 750 personnes. Des échanges parfois vifs, souvent nécessaires, où se confrontent perceptions et expériences. Parce que lutter contre la désinformation, ce n’est pas seulement corriger des faits… c’est recréer de la confiance ! Au fond, Kouman ne promet pas de faire taire les tensions. Il propose autre chose : ouvrir des espaces où elles peuvent être nommées, comprises, discutées. Dans un contexte électoral, c’est déjà beaucoup. C’est peut-être essentiel.

Un dispositif complémentaire

Kouman s’inscrit dans un écosystème plus large. Complété par le projet Désinfox Côte d’Ivoire, mis en œuvre par CFI et Polaris sur un financement du centre de crise et de situation du ministère français de l’Europe et des affaires étrangères (CDCS), il a permis de former 240 journalistes supplémentaires et 15 000 lycéens, lycéennes, étudiantes et étudiants à l’EMI. Une complémentarité qui dessine une ambition commune : agir à la fois sur celles et ceux qui produisent l’information comme sur celles et ceux qui la reçoivent.

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